Restitution du bâtiment des hospitalia
À une centaine de mètres au nord du site du Pont des Arches, les travaux réalisés en 1969 ont conduit à la découverte d’un imposant édifice antique d’environ 50 mètres de côté. Identifié comme un possible hospitalia, ce vaste bâtiment pourrait avoir servi de lieu d’accueil et de résidence pour les visiteurs du sanctuaire.
Une découverte liée au déplacement de la route
Compte tenu de l’importance des vestiges archéologiques découverts sur le site du Pont des Arches, les autorités décidèrent à l’époque de déplacer la route qui traversait le secteur. Son nouveau tracé fut établi environ 100 mètres plus au nord, en reprenant le parcours d’un chemin forestier existant.
Dès le début des travaux, à seulement 30 à 50 centimètres sous la surface du sol, une succession de murs apparut. Leur disposition révélait progressivement le plan d’un bâtiment aux dimensions considérables.
Cette découverte marqua le début d’une campagne de fouilles archéologiques menée pendant quatre ans par Jean-Louis Odouze, sous la direction de Lucien Lerat.
Des vestiges déjà repérés au XIXe siècle
Le secteur avait toutefois attiré l’attention bien avant les fouilles de 1969.
En 1837, Joseph Mathieu Champay était déjà intervenu sur des terrains proches. Ses recherches avaient permis de découvrir plusieurs murs susceptibles d’appartenir à un même bâtiment.
Les investigations furent cependant interrompues, faute de financement complémentaire de la Société d’émulation du Jura.
Plus d’un siècle plus tard, les travaux conduits par Jean-Louis Odouze permirent d’établir un plan partiel du vaste édifice antique. Les fouilles ne purent toutefois être étendues à certaines propriétés voisines, faute d’autorisation de leur propriétaire.
Un hospitalia pour accueillir les visiteurs du sanctuaire ?
En raison de ses dimensions et de son organisation, cet immense bâtiment a été interprété comme un hospitalia, c’est-à-dire un espace susceptible d’avoir accueilli les visiteurs du sanctuaire.
L’édifice est notamment composé d’un alignement de pièces ouvrant sur une galerie, elle-même organisée autour d’une cour intérieure.
Une première hypothèse proposait une galerie entourant la cour sur ses quatre côtés. Les recherches plus récentes conduisent toutefois à envisager une organisation différente : la galerie pourrait n’avoir bordé la cour que sur trois côtés.
Cette évolution de l’interprétation montre combien la compréhension du bâtiment continue de progresser au fil des recherches archéologiques.
Deux grandes phases de construction
L’une des particularités majeures du site réside dans l’existence de deux états successifs de construction.
Le premier correspond à plusieurs bâtiments construits principalement en terre et en bois. Cet ensemble fut détruit par un incendie.
Après cette destruction, le terrain fut nivelé. Les vestiges des premiers bâtiments furent étalés sur le site afin de préparer l’aménagement d’une nouvelle construction.
Un second édifice, beaucoup plus monumental, fut alors élevé. Ses fondations en blocs de pierre supportaient une structure en bois intégrée à des murs constitués de petits moellons.
Cette technique de construction a notamment été étudiée et décrite par Albéric Olivier, architecte.
De nouvelles fouilles depuis 2025
Plus d’un demi-siècle après les recherches de Jean-Louis Odouze, l’étude de ce vaste bâtiment antique se poursuit.
De nouvelles fouilles archéologiques sont menées depuis 2025 dans son extension nord-ouest. Elles doivent permettre de compléter le plan de l’édifice et d’approfondir les connaissances acquises lors des campagnes précédentes.
Ces nouvelles recherches pourraient ainsi apporter des éléments essentiels pour mieux comprendre l’organisation, la chronologie et la fonction de l’hospitalia du Pont des Arches, ainsi que sa place au sein du sanctuaire antique.
Restitution du bâtiment des hospitalia : croquis Albéric Olivier 1983


