Le lac d’Antre, au loin la ferme construite sur l’emplacement d’un temple romain
Le site haut du sanctuaire de Villards-d’Héria s’organise autour du lac d’Antre, au cœur d’un territoire occupé par l’homme depuis des millénaires. Il constitue le secteur du sanctuaire où les traces d’occupation humaine sont les plus anciennes, avec une présence attestée dès le Néolithique par la découverte d’outils datant de cette période.
Des carottages réalisés dans les sédiments du lac d’Antre ont également apporté de précieuses informations sur l’histoire du site. L’analyse des pollens conservés dans ces carottes sédimentaires témoigne notamment d’une continuité de la culture des céréales depuis le Néolithique jusqu’à la période gallo-romaine.
Le lac d’Antre et les terrains qui l’entourent étant aujourd’hui une propriété privée, le site n’est pas accessible à la visite.
Un vaste espace sacré gallo-romain autour du lac d’Antre
À l’époque gallo-romaine, le sanctuaire était délimité par un péribole, enceinte séparant l’espace sacré de l’espace profane. L’espace sacré s’étendait sur plus de 5 hectares et était accessible par une porte monumentale.
À l’intérieur de cette enceinte ont été identifiés deux temples d’époque gallo-romaine. Le premier, de forme rectangulaire, pourrait correspondre à la cella d’un édifice religieux de dimensions plus importantes. Le second est un temple circulaire d’environ 15 mètres de diamètre.
Les prospections géophysiques et les mesures magnétiques ont par ailleurs révélé la présence d’une voie traversant cet espace en direction du nord. Le long de cette voie apparaissent différentes structures construites ainsi que des zones de forte aimantation. Ces anomalies pourraient correspondre à des foyers ou, potentiellement, à des installations liées à une activité artisanale de forge.
La découverte d’un fragment de calendrier gaulois
C’est aux abords du lac d’Antre qu’un fragment de calendrier gaulois a été découvert en 1807. L’objet original a ensuite disparu à la suite de plusieurs reventes entre collectionneurs au cours du XIXᵉ siècle.
Un dessin du fragment a toutefois été conservé au musée archéologique de Lons-le-Saunier. Sa calligraphie présente des similitudes avec celle du célèbre calendrier gaulois de Coligny, découvert dans l’Ain.
Ces calendriers gaulois permettaient notamment de déterminer les dates des fêtes religieuses ainsi que les jours considérés comme fastes ou néfastes.
Le lac d’Antre au cœur du sanctuaire des eaux de Villards-d’Héria
Les eaux du lac d’Antre jouent un rôle essentiel dans l’interprétation de Villards-d’Héria comme sanctuaire des eaux.
À l’exutoire du lac, l’eau disparaît dans le réseau karstique. Elle effectue ensuite un parcours souterrain sur une distance d’environ un kilomètre à vol d’oiseau, avant de resurgir au cœur de l’espace cultuel du site bas de Villards-d’Héria.
Cette circulation souterraine relie ainsi naturellement le lac d’Antre au site cultuel situé en contrebas, où l’eau occupait une place centrale dans le sanctuaire.
(cliché Onno Archéo – R. Grebot)


